Eragon s'étira et regarda le plafond de la grotte. Il n'avait pas encore quitté Farthen Dûr, la cité des nains. Hrotgar lui avait demandé de resté quelques jours avant de partir avec Arya pour son entraînement à Ellesméra, le royaume des elfes. Saphira dormait encore à côté de lui, ses ailes repliées sur elle. Eragon se leva et commença à s'habiller. Saphira releva la tête. Visiblement, elle faisait semblant de dormir.
" Où vas-tu Eragon ?" demanda-t-elle.
- Je vais voir Arya. Elle m'avait promis un entraînement ce matin ! déclara-til en attachant son épée à sa taille avec énergie.
" Mouais. Et tu comptes faire quoi contre elle ? questionna Saphira d'une voix doucereuse. L'écraser par terre ? "
Eragon la foudroya du regard.
"Mon bon dragonnier, quand comprendras-tu que tu n'a absoooolument aucune chance avec cette elfe ?!!! Et dans tout les sens du terme !"
Saphira s'exclaffa bruyamment , ce qui fit sortir un nuage de vapeur de sa gueule.
- Lâche-moi, veux-tu. Et évite à présent de trop regarder dans mon esprit.
"Oh le méchant dragonnier Eragon le Fort se rebelle contre sa dragonne ! A quand l'affrontement final ? "
Saphira s'écroula de rire et tomba à la renverse, ce qui fit trembler les mur de la grotte. C'est ce moment que choisit Angela pour arriver (la prophétesse si vous ne saviez plus qui s'était..!)
- Et bien , vous vous amusez bien tous les deux on dirait ! les salua la divinatrice.
Eragon répondit d'un grognement en rangeant les affaires que Saphira avait renversée avec sa queue.
- je viens de voir pour t'annoncer que Hrothgar voulait te voir. Il m'a envoyé te chercher.
- Hum, d'accord, grogna Eragon. J'y vais.
- Tu allais quelque part ? demanda-t-elle.
- Oué, mais ça fait rien.
- Oh fait, passe me voir quand tu veux, beau dragonnier, dit-elle en le regardant d'un air charmeur. Tu sais où je suis installée !
Elle se retourna et sortit de la grotte. Eragon posa son regard sur ses courbes généreuses. Saphira les regarda l'un après l'autre, et s'exclaffa.
" Et bien voila Eragon ! Au moins elle, elle n'a pas 60 ans de plus que toi !"
- Mais tu as fini de délirer toi ? déclara Eragon d'un ton faussement sûr de lui. Bon j'y vais. A plus tard.
" C'est ça mon dragonnnier. Je vais aller me dégourdir les ailes moi, y'a un tas de petites bestioles très appétissantes en haut sur un corniche !"
-Ne massacres pas tout les habitants de la cité ! Et arrête de ne penser qu'à ton estomac ! cria-t-il en partant.
"Et c'est moi qui suis obsédée par quelque chose ! Elle est bonne celle-là ! "
Elle tendit ses muscles et d'un puissant coup d'aile, s'envola au-dessus d'Eragon. Le jeune homme se dirigea à la suite d'Angela, et déambula un moment dans la cité à la recherche du roi des nains. Celui-ci se trouvait être à l'armurerie en compagnie d'Arya. Eragon sourit jusqu'aux oreilles en la voyant. Arya haussa les sourcils et secoua la tête en souriant. Pourquoi le dragonnier tant attendu était-il ce gamin qui lui collait aux bottes, et qui souriait niasement dès qu'il la voyait ? Alala, il avait peut être sauvé la cité, mais il n'avait pas pour autant grandi ! Hrothgar, qui n'avait pas vu qu'Eragon était arrivé, continuait de discuter avec Nasuada, qui remplaçait son père en tant que chef des Vardens. Un forgeron devant eux s'excrimait sur une épée, pour lui donner toute la forme que les deux chef désirait. Après de grands coups de marteau, l'artisan sortit la lame du feu. Les deux chefs hochèrent la tête, satisfaits.
- Tu en feras cinquante comme ça ! ordonna Nasuada, avec déjà une voix autoritaire et ferme.
Eragon toussota pour signaler sa présence. Hrothgar se retourna vivement, surpris.
- Eragon ! Ah te voila ! Que penses-tu de cette lame ? Nous voulons ton avis !
Eragon s'avança et et soupesa la lame. Il hocha la tête en guise de réponse. Arya s'approcha et la prit des mains du jeune homme.
- Pas mal, dit-elle. Il manque cependant un peu de souplesse et de légèreté au niveau du poignet.
- Ah! Merci Arya, répondit Nuasuada en souriant, ce qui découvrit des dents blanches et parfaitement alignées. Je ne suis pas la seule à trouver la vraie valeur des épées ici !
Eragon fixa Arya. Elle avait un certain don pour le ridiculiser, lui semblait-il. Elle rendit l'épée au forgeron qui arrangea quelques détails à gros coups de marteau. L'artisan lui repassa l'arme. La guerrière la fit tournoyer autour de son poignet d'un mouvement souple, puis finalement la rendit au forgeron.
- Voila ! Maintenant elle est parfaite ! déclara-t-elle en faisant un clin d'oeil à Eragon.
- Bon suivez moi, déclara Hrothgar. J'ai à vous parler.
Eragon détacha à contre coeur son regard d'Arya. Décidement, on dirait qu'elle était née avec une épée dans les mains !
Hrothgar les emmena dans les rues de la ville. Eragon suivit le petit groupe, non sans jeter quelques coups d'½il au passage sur Arya, resplendissante aujourd'hui. Soudain, une exclamation d'admiration s'éleva de la foule. Les commerçants qui tenaient leurs petites boutiques étaient tous sortit et avaient le nez en l'air regardant quelque chose dans le ciel. Très vite toutes les personnes présentes dans la rue admirèrent eux aussi le spectacle qui se déroulait devant leurs yeux. Eragon leva la tête. Hrothgar éclata de rire devant lui.
- On dirait que ta dragonne aime se donner en spectacle Eragon !
En effet, Saphira, les écailles reflétants touts la lumière, se dégourdissait les ailes comme elle disait si bien. Mais elle avait bien évidemment eu envie de montrer à tous comme elle excellait dans les airs. Quand elle frôla la roche de ses pattes, la foule poussa un cri de stupeur et plusieurs applaudirent.
"Saphira ! A quoi joues-tu ?" lui demanda Eragon, furieux.
"Eragon ! Où es-tu ? Ah ! ça y est, je t'ai trouvé !"
"As-tu fini de te faire remarquer oui ? Tout le monde te regarde !"
- On peut dire que Saphira sait voler! Lança Arya en s'approchant du dragonnier.
Eragon tourna la tête et se retrouva nez à nez avec l'elfe.
- Heu... Oui, elle devient plus puissante ! Bientôt elle pourra porter plus que son poids.
Arya souria.
- N'empêche que je me demande pourquoi elle a été chercher un garçon de ferme comme toi !
- Il t'a sauvé la vie le garçon de ferme, je te signale !
- C'est un sacrifice que j'aurais été heureuse de faire.
Elle tourna les talons et suivit Nasuada et Hrothgar. Eragon entendit Saphira éclater de rire dans sa tête. Il se maudit intérieurement et suivit Arya.
Hrothgar les emmena dans les souterrains de la cité, où il avait son bureau. Un nain s'activait et rangeait les documents. Les murs étaient couverts d'étagères contenant de nombreux ouvrages sûrement très vieux. Hrogthar s'assit à son bureau et invita la chef des Vardens à s'asseoir en face de lui. Arya n'attendit pas son autorisation et s'installa.
- Bien ! commença le roi des nains. Je vous ai tous convoqués comme représentant de chacunes des races qui peuplent notre monde. Après la bataille nous n'avons pas pu parler, chacun réglant les affaires de son peuple. Je me permet donc de nous réunir pour vous avertir tous du danger que nous courons : le roi n'aura de cesse que lorsque qu'il t'aura trouvé, Eragon ! Tu es le l'espoir de tous les Vardens ! Je te demande au nom de tous de faire surtout attention à toi avant toute chose. Cela te parrait peut être bizarre vu ton jeune âge encore, mais ton avenir est celui des Vardens. Ne l'oublie jamais.
Eragon tiqua. Quand allaient-il arrêter de le prendre pour un gamin ? Saphira est là elle aussi ! Elle est plus sâge que lui ! Bien sûr il ne lui avourait jamais, mais il le savait. Il se rendit alors compte de sa condition de dragonnier, mal comprit parce que seul. Cela le chagrinait. Comme Brom lui manquait ! Au moins avec lui il avait pu parler de dragons !
- Je sais, se contenta-t-il de répondre en haussant les épaules.
Arya le fixa. Etait-il si naïf ou le faisait-il exprès ? Elle s'inquiéta pendant deux secondes pour lui.
- Mais si je vous ai réuni c'est avant tout pour mettre au point certaines choses. Je compte sur vous tous pour rester unis quoi qu'il arrive. Arya, tu retournes avec Eragon à Ellesméra dans trois jours, temps que les Urgals s'en aillent. J'ai fait l'inventaire des pertes. Nous avons subit de nombreuses morts et de pertes matériels. Une autre attaque comme celle là et c'est la fin des Vardens. Nasuada, des choses à rajouter ?
- Aucune Hrothgar. J'ai posté plusieurs de mes hommes en amont pour avertir d'une éventuelle attaque de Galbatorix.
- Nous surveillerons les parages lorsque nous partirons, déclara Arya.
- Bien. Donc je vous recommande à tous la prudence.
Il se leva et sortit un rouleau de parchemin d'un tiroir de son bureau. Il le tendit à Arya.
- Voici un message pour Islanzadi, ta reine. Je lui fait part du décès d'Ajihad. Si nous voulons coopérer, il faut démarrer sur de bonnes bases, et se faire confiance. Tu lui transmettras toutes nos amitiés les plus sincères. Je pense que nous ne nous reverrons pas, nous avons tous un tas de choses à régler avant de partir. Eragon, essaye de voir avec mes troupes pour un entrainement collectif avec eux. Cela les mettraient de bonne humeur de s'être entrainé avec Le dragonnier !
- Bien ! Je verrais avec eux.
Nasuada se leva, signe que l'entrevue était terminée.
- Eragon ! Suis-moi s'il te plaît ! l'interpella Nasuada.
Eragon la suivit vers la sortie, perdu dans ses pensées. Ainsi donc, les Vardens allaient s'allier avec les elfes ! Son entraînement à Ellesméra n'était qu'une excuse pour qu'Arya l'accompagne. Après tout, c'était elle qui représentait sa race auprès des nains et des Vardens. Il ne vit pas Arya tourner vers les cachots, et suivit Nasuada jusque dans son bureau, où se trouvait maintenant sur l'énorme table un bouquet de fleurs, seul changement de l'époque de son père.
- Peux tu nous assurer une discrétion parfaite ? lui demanda-t-elle d'un regard assuré.
- Bien sûr.
Puis il psalmonia en Ancien Language, et la pièce se retrouva à l'abris de toutes oreilles indiscrètes. Il avait déjà utilisé cette technique avant la nomination de Nasuada à la tête des Vardens.
- Merci. Je vais aller droit au but. Tu sais que les Vardens partent dans un mois pour le Surda. Dès que nous serons installé, je filerais vers Ellesméra, afin de signer divers traités et accords. Tu dispseras donc de quelques mois chez les Elfes. Je voudrais que tu t'assure qu'il n'y ai pas d'opposants aux accords à ellesméra. Un ennemi elfe est le pire que nous pourrions craindre. Fais le le plus discrétement possible, afin de ne pas offenser la reine. Elle n'accepterait pas de nous savoir craindre son hospitalité.
- Je le ferais, sois sans crainte. Je serais le plus discret possible.
- Merci Eragon. Tu mets d'une aide précieuse.
- Tout le plaisir est pour moi. J'attendrais ta venue avec impatience.
Il lui sourit malicieusement, auquelle elle répondit. Puis elle le congédia, et Eragon fila tout raconter à Saphira.